(Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences)
2 juillet 2008
La première séance de la négociation portant sur la GPEC prévue par l’accord « modernisation du marché du travail » du 11 janvier 2008
s’est tenue ce 2 juillet 2008 au siège du MEDEF.
Cette réunion avait pour objectifs de délimiter le périmètre de la négociation à engager et de déterminer les méthodes de travail et le
calendrier.
La délégation patronale, conduite par Bernard LEMEE (ancien DRH de BNP-Paribas), a
indiqué que :
§ cette négociation est une
négociation d’application de l’article 9 de l’accord « modernisation du marché du travail » du 11 janvier 2008 (voir annexe) ;
§ il s’agit de donner une nouvelle
dynamique à la GPEC (une idée qui n’est pas nouvelle) en réaffirmant mieux son importance pour la compétitivité des entreprises et pour la sécurisation des parcours professionnels des salariés
sans télescoper ce qui est d’ores et déjà mis en place dans certaines entreprises et dans certaines branches ;
§ en analysant le texte de
l’article 9, la négociation devrait :
- permettre de conforter, en
contribuant à leur diffusion, les bonnes pratiques existantes,
- examiner comment des
situations d’emploi spécifiques (égalité professionnelle, seniors…) peuvent s’articuler à la GPEC ? jusqu’à quelle dose de volontarisme va-t-on ?
- étudier comment développer
la GPEC dans les entreprises non couvertes par l’obligation triennale de négocier par le biais des branches ou des territoires. C’est un enjeu fondamental pour les TPE-PME.
§ l’examen du bilan d’étape
professionnel créé par l’article 6 de l’accord du 11 janvier 2008 pourrait être traitée dans cette négociation.
§ la GPEC est un
outil de développement du dialogue social ; l’activité économique est par essence imprévisible, il est indispensable pour les entreprises et pour les salariés de se donner toutes les chances
de pouvoir discuter de tout ce qui peut être anticipé pour réduire les risques. Il s’agit bien de définir des outils qui donnent des perspectives d’avenir chaque fois que cela est possible pour
rendre les salariés acteurs de leur projet professionnel.
La CFDT a dit son accord global avec le décryptage fait du champ de la négociation à
partir de l’article 9 de l’accord du 11 janvier 2008.
Si la GPEC n’est pas un concept neuf, le contexte social et économique lui donne un caractère bien plus important en matière de sécurisation des
parcours professionnels des salariés. Le sujet n’est pas facile et ce d’autant plus que la GPEC fait l’objet d’une méfiance à cause de l’utilisation trop exclusivement dans le cadre de
restructurations et parce que les salariés ne voient pas ce qu’elle leur apporte.
A ce titre, la CFDT est très favorable à ce que le bilan d’étape professionnel, qui vise à faire l’état des lieux des compétences
des salariés, soit traité dans cette négociation car elle souhaite en faire un outil d’appui de l’anticipation des besoins de compétences dans le cadre de la GPEC.
La GPEC doit permettre d’articuler, de mettre en cohérence, de dynamiser les différentes politiques (formation, senior, égalité
professionnelle, ...) et contribuer ainsi à développer des politiques intégrées dans les entreprises. Il ne s’agit pas dans cette négociation de choisir un chemin unique, mais de permettre à
chaque entreprise de trouver sa voie.
Promouvoir la GPEC dans les PME et TPE doit se faire par deux axes principaux : adapter les outils existants chaque fois que cela est
nécessaire et améliorer l’articulation entre les différents acteurs (branches, territoires, observatoires …).
FO a d’emblée signifié son regret que la négociation assurance chômage prévue dans
l’accord avant la fin juin 2008 ait été reportée et s’est étonné de l’annonce par le MEDEF, avant cette réunion, de la décision que la négociation du bilan d’étape professionnel prévue dans
l’accord soit raccrochée à celle sur la GPEC avant toute discussion avec les organisations syndicales.
La CFE-CGC est contente de l’ouverture enfin de cette négociation, mais est inquiète
du report de celle sur l’assurance-chômage.
La négociation GPEC est en quelque sorte une négociation chapeau puisqu’elle a de nombreuses interférences avec les autres négociations à venir.
Mettre le bilan d’étape professionnel ici, pourquoi pas, mais faudra veiller aux cohérences finales.
La CFTC a insisté sur le fait que la GPEC est un outil de sécurisation des parcours
de vie professionnelle des salariés, mais que cela impliquait un changement culturel dans les entreprises. Pour cela, un outillage simple est nécessaire pour ne pas faire n’importe
quoi.
La CGT, bien que non signataire de l’accord du 11 janvier 2008 pour des raisons qui
ne portaient pas sur l’article 9, adoptera une attitude constructive dans cette négociation.
La CGT est favorable à tout ce qui sera fait pour que l’anticipation permette de réduire les conséquences néfastes aux salariés
des évolutions de l’entreprise ; mais sa priorité est de construire des mécaniques d’intervention qui permettent aux salariés de rebondir même quand des évènements imprévisibles
surviennent.
Après une courte suspension de séance, la délégation patronale a considéré qu’il y avait des convergences pour travailler autour des axes
suivants :
§ Finalités de la GPEC :
sécurisation des parcours professionnels des salariés, développement des compétences et de la compétitivité des entreprises…
§ GPEC, vecteur de dialogue social,
à articuler avec les autres négociations ;
§ Accessibilité aux informations
des salariés et des IRP ;
§ Articulation des différentes
sources concernant la GPEC ;
§ Enjeu particulier TPE-PME,
dimension notamment territoriale ;
§ Prise en compte du champ hors
entreprise (sous-traitance, donneur d’ordre...) ;
§ Discussion sur le bilan d’étape
professionnel.
La séance s’est terminée par l’examen des modalités de travail :
§ la période estivale devra
permettre de fixer plus précisément avec les chefs de file l’organisation thématique de la discussion.
la négociation se
tiendra à la rentrée tous les quinze jours sur une journée : les vendredis 12 septembre, 26 septembre, 10 octobre et 17 octobre.